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"Le Jazz... toute une histoire !"
Par Jean-
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Des premiers esclaves africains aux fulgurances électriques d’aujourd’hui, l’entrelacs des styles qui ont marqué l’histoire du jazz est une véritable invitation au voyage à travers l’Amérique et le XXe siècle. Ce petit historique n’a d’autre ambition que de dessiner à grands traits les repères essentiels de cette fabuleuse odyssée. |

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Le jazz est issu de plusieurs courants. A travers le folklore vocal, spiritual et blues, et quelques souvenirs de percussions
africaines, s’élaborent l’animation spécifique du swing et un certain nombre de thèmes
qui appartiendront en propre à la musique négro- |
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Cette ville, fort animée, connaissait une vie musicale importante, fondée essentiellement sur un répertoire français de marches, quadrilles et autres danses à la mode. Les Créoles en étaient les principaux exécutants. Les Noirs, enfermés dans le quartier de Perdido, recréèrent les airs qu’ils entendaient,
s’assemblant en des orchestres d’instruments bricolés (banjos faits d’une boîte à
fromage, contrebasses obtenues à partir d’un tonneau... ) que l’on dénommait spasm
bands. A partir des brisures et des syncopes que les Noirs avaient apportées à ce
répertoire, une nouvelle formule s’élabora, le ragtime, qui fit fureur dans les bars
de Storyville, le quartier réservé de La Nouvelle-
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Parallèlement aux spasm bands, existaient des fanfares noires, qui se produisaient,
notamment, pour des défilés, des enterrements, des pique-
Quant au mot lui- |
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Spasm Band |
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Buddy Bolden |

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NEW ORLEANS |
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En 1917, le gouvernement fit fermer Storyville. Ce fut l’exode massif des musiciens
de La Nouvelle- La région était prospère et les cabarets s’enrichissaient de l’argent dépensé par
les gangsters. Le style Nouvelle- Le jeu de ces musiciens est simple et bien posé à l’intérieur d’une mesure à deux temps. Le répertoire comprend aussi bien le blues (Royal Garden Blues) que le spiritual (When the Saints), le ragtime (Maple Leaf Rag), des compositions de jazzmen (Muskrat Ramble de Kid Ory) et des airs à la mode. |

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Kid Ory Jazz Band |
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CHICAGO |
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De 1924 à 1930 s’élabora aussi le style dit Chicago : c’était en fait la musique
de jeunes Blancs épris du style Nouvelle-
Le plus prestigieux jazzman du Nouvelle-
Au saxo soprano et à la clarinette, enfin, Sydney Bechet déploya un style généreux et flamboyant qui, lorsqu’il s’installa à Paris en 1949, fit de lui une vedette populaire (Really the Blues). Le meilleur jazzman de style Chicago est sans conteste le cornettiste Bix Beiderbecke (Mississippi Mud) au jeu sobre et chantant.
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Bix Beiderbecke |
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SWING |
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Quant à l’école de New York on lui doit les pianistes au jeu stride (main gauche ambulante, marquant les temps pairs dans la basse et les temps impairs dans le medium), Willie Smith the Lion, James P. Johnson et, surtout, le joyeux Fats Waller (Alligator Crawl). |

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Fats Waller |
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Le jazz s’évade de l’intimité du cabaret pour s’intégrer à l’univers du spectacle et animer les grands dancings populaires, à New York notamment (Savoy, Cotton Club). Il entreprend de se discipliner et de s’établir en formations plus spectaculaires donc plus étoffées : les années 30 sont celles du grand orchestre ou big band. Le jazz, aux Etats- Le jazz devint synonyme de joie de vivre et l’on appellera époque swing (Swing Era) la période qui va de 1938 à 1944. Le Swing suscite à la fois des solistes spectaculaires et de grands orchestres bien
rodés, soucieux, avant tout de favoriser la danse. Les musiciens tendent à délaisser
le rythme du Nouvelle- |

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Benny Goodman |
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Le premier en date de ces orchestres est celui de Fletcher Henderson. C’est lui qui mit au point cette conception générale de l’arrangement sur laquelle les grands orchestres actuels vivent encore (King Porter Stomp). Il faut citer, à sa suite, les formations de Jimmie Lunceford (For Dancers Only), Chick Webb (A Tisket a Tasket), Benny Goodman (Sing Sing Sing), et bien sûr celles de Duke Ellington et Count Basie qui marquent particulièrement le secteur du grand orchestre.
Le pianiste Duke Ellington usant des timbres de sa propre formation comme d’un instrument personnel, a inventé un jazz raffiné composant un univers tantôt sauvage (Ko Ko), tantôt voluptueux (Mood Indigo), funèbre (Black and Tan Fantasy) joyeux (Rockin’in Rhythm) ou sentimental (Sophisticated Lady). A partir de 1945, il a élargi les possibilités expressives de son art en composant de vastes suites pour orchestre (Black, Brown and Beige).
Son orchestre a retenu quelques- |
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Duke Ellington |

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Count Basie |
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Count Basie, un autre pianiste, est le représentant essentiel du style Kansas City,
où l’arrangement à la Fletcher Henderson est repensé à travers un goût très affirmé
pour le blues, le boogie-
Après une petite éclipse dans les années 40, le big band prendra en 1952 un nouveau départ, développant encore sa puissance par la mise au point d un vigoureux phrasé de masse (Shiny Stockings).
La première phalange de Basie - |

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A l’opposé du jeu linéaire de Lester Young il y a Coleman Hawkins, « père du saxo ténor » au style généreux et rhapsodique, et dont le Body and Soul constitue le manifeste de toute une école où s’illustrèrent Don Byas, Illinois Jacquet et Ben Webster.
A l’ombre de Johnny Hodges, le plus prestigieux saxo alto middle jazz (On the Sunny Side of the Street), il y a Benny Carter improvisateur élégant et fin (Crazy Rythm). C’est dans cette période aussi que s’affirment le trompettiste Roy Eldridge et les deux noms les plus célèbres de la guitare Charlie Christian (Solo Flight) et le français Django Reinhardt (Nuages).
Quatre pianistes hors pair s’imposent également, le premier par son impétuosité, Earl Hines (Rosetta), l’autre par sa musicalité, Teddy Wilson (Someday Sweetheart), le troisième par la saveur robuste de son swing, Erroll Garner (Caravan), le quatrième par son imagination et sa virtuosité, Art Tatum (Get happy). |
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Lester Young Erroll Garner Benny Carter Django Reinhardt Coleman Hawkins |





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Une chanteuse riche de verve et de tempérament, Ella Fitzgerald, entame une spectaculaire carrière : (How High the Moon), une autre énonce une amertume tragique qui la conduira à la mort : Billie Holiday (Strange Fruit). |

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La perfection rythmique de l’ère swing doit beaucoup aux batteurs (Jo Jones d’abord batteur de Count Basie, Cosy Cole, Chick Webb et Sidney Carlett), ainsi qu’aux bassistes Jimmy Blanton, de chez Ellington; et Walter Page, de chez Basie. Elle doit tout autant à cet ancien batteur devenu vibraphoniste, Lionel Hampton, tempérament inventif et bouillant qui, après avoir animé, à la fin des années 30, de petites formations à l’admirable équilibre (When Lights Are Low est l’illustration exemplaire du swing), a dirigé un grand orchestre au tonus énorme (Flying home). |

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Ella Fitzgerald Billie Holiday |
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BE BOP |
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Jazz direct, qui dispensa la joie dans les foyers puis, durant les hostilités maintint
le moral des troupes, le swing restait lié au « show-
Le be- |
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Charlie Parler Dizzy Gillespie |


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Issu d’un travail sur la mélodie, l’harmonie et le rythme en jazz, le be- |
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Le climat de be-
Le bopper le plus important est le saxo alto Charlie Parker. Improvisateur génial tant sur tempo lent, où il épanouit un lyrisme mélodique aux lignes admirables (Embraceable You) et souvent pathétiques (Lover Man), que sur tempo vif, où son jeu bouillonnant ouvre de vertigineux abîmes (Ko Ko), il élabore un langage sur lequel le jazz vivra durant quinze ans. |
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Au piano, le meilleur répondant de Parker est Bud Powell (Tempus Fugit), tandis que Thelonious Monk et John Lewis attendent une heure de gloire qui sonnera quelques années plus tard. Le trompettiste Dizzy Gillespie est le second porte drapeau du mouvement, déployant un jeu d’une fantaisie et d’une virtuosité étincelantes (Groovin’High). De 1945 à 1950, il dirige un grand orchestre qui vulgarise avec éclat les principales trouvailles du bop. (Two bass Hit, Manteca). Auprès de Dizzy, le trompettiste Fats Navarro (The Squirell) développe un jeu également ferme mais plus posé.
Il faut noter que les saxophones ténors de cette époque ont tous tenté la synthèse Parker/Young (Gene Ammons, Wardell Gray, Dexter Gordon& ). |

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Bud Powell |
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Le tromboniste Jay Jay Johnson adapte avec bonheur les données de jeu bop à son difficile instrument (Afternoon in Paris). Sur le plan rythmique, Kenny Clarke, Max Roach et Art Blakey constituent le brelan maître de la batterie, et Ray Brown reprend, à la contrebasse, la place souveraine qu avait tenue, à la période précédente, Jimmy Blanton.
Une chanteuse, enfin, à le voix sensuelle et étonnamment étendue, tire un profit séduisant des trouvailles du bop : Sarah Vaughan (Sassy s Blues). |
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Sarah Vaughan
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COOL |
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Le bop tout à coup, semblant s essouffler, les Blancs vont occuper l’avant-
Le cool utilise les apports du bop tout en faisant disparaître ses plus significatives aspérités. Il cultive une sonorité gracieuse, légèrement détimbrée, et répudie tout expressionnisme. Il se plaît, enfin aux recherches d’écriture, débouchant sur des réussites d’une subtile qualité poétique et élégante.
Miles Davis, un des seuls Noirs du mouvement, en est le meilleur trompettiste (Move), avec le Blanc Chet Baker (My Funny Valentine). Le saxo ténor est dominé par trois musiciens fortement inspirés de Lester Young : Stan Getz (Early Autumn) Zoot Sims (Zootcase) et Al Cohn (Wee Dot). Au saxo alto s’affirme le jeu fluide et très réfléchi de Lee Konitz (Lover Man) tandis que le saxo baryton Gerry Mulligan s’impose comme un arrangeur de premier plan (Jeru).
La période cool, enfin, marque l’apogée de deux grands orchestres celui de Woody Herman, dont l’esthétique avec plus de transparence s’apparente à celle de Basie (Four Brothers) et celui de Stan Kenton, aux recherches ambitieuses (Young Blond). On peut citer également l’orchestre du trompettiste Shorty Rogers. |

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Miles Davis
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Woody Herman et son orchestre
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HARD BOP |
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En 1954, on assiste à un retour au bop, un bop moins exubérant, plus décanté, mais
peut-
D’anciens boppers parviennent au premier plan : le batteur Art Blakey avec ses Jazz Messengers (Moanin) le bassiste Charlie Mingus, dont le groupe s’ouvre à une liberté collective qui prépare l’avant garde (Fables of Faubus), le pianiste Thelonious Monk, au jeu abrupt si particulier (Round About Midnight).
L’élégant pianiste John Lewis, avec son Modern Jazz Quartet, réorganise les données expressives du bop selon les impératifs venus du cool (Django). |
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Charlie Mingus
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De nouvelles vedettes, enfin, se révèlent : le trompettiste Clifford Brown, le saxo alto Cannonball Adderley, le saxo ténor Sonny Rollins (Freedom Now Suite), le pianiste Horace Silver, le batteur Philly Joe Jones, l’organiste Jimmie Smith dont le jeu, extrêmement soul rejoint parfois le Rythm and Blues incarné, en cette période, par le chanteur Ray Charles.
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JOHN COLTRANE |
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Avec la fin des années 50 s’amorce une révolution encore plus radicale : il s’agit
de remettre en cause les fondements même du jazz -
Une première tendance se définit par la recherche d’une spiritualité, dont les normes sont volontiers empruntées à l’Orient.
Il en résulte une musique violemment incantatoire, utilisant des gammes modales étrangères à l’univers musical de l’Occident. C’est la musique envoûtante et volontiers paroxystique du saxo ténor et soprano John Coltrane (Cousin Mary, My Favorite things, A Love Supreme). Le quartette qu’il a constitué avec le batteur Elvin Jones et le pianiste Mac Coy Tyner a l’importance dans l’histoire du jazz du Hot Five d’Armstrong et du quintette de Parker. |

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John Coltrane
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FREE JAZZ |
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Une seconde tendance rejette de façon plus systématique les contraintes structurelles. Elle est représentée par le saxo alto Ornette Coleman et le trompettiste Don Cherry, dont la formation s’efforce d’épouser ces pulsions irrationnelles. Ce faisant Coleman inaugure le mouvement free jazz qui est poursuivi, avec plus d’éclat extérieur, de triturations sonores et de volonté contestataire, par les saxophonistes ténors Albert Ayler et Archie Shepp.
Solitaire comme le fut Monk, le pianiste Cecil Taylor enfin, développe avec emportement
l’exploitation des structures sonores et qui n’est pas sans rapport avec certaines
recherches de l’avant-
Aujourd’hui, chacun de ces styles perdure et le jazz est véritablement un art à multiples facettes, un art qui perpétue, à l’instar de la musique classique, un répertoire, tout en restant ouvert à toutes les innovations.
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Ornette Coleman
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TOUT S’ARRANGE !
Interview de Jean-
Traduction François Remaud
Jazz Journal : Lorsque, en concert vous présentez un thème de jazz, vous citez à
chaque fois le nom de l’arrangeur.
Est-
Jean-
Autant le rôle du compositeur ou du parolier est clairement identifié et reconnu par le public, autant celui de l’arrangeur n’est pas toujours clairement compris.
Justement, en quoi consiste ce rôle d‘arrangeur ?
J.P.V : On peut dire succinctement que le travail de l’arrangeur consiste, en partant
d’une mélodie, à choisir un bon tempo, l’agencement des parties instrumentales, le
jeu des questions-
Il écrit un score, c’est à dire une partition d’orchestre sur laquelle figurent tous les instruments du big band : la section des saxophones, celles des trompettes et des trombones et la section rythmique composée du piano, de la guitare, de la contrebasse et de la batterie.
Combien y a-
J.P.V : Le nombre des instruments par section varie selon les styles et les époques.
L’ossature du big band s’est étoffée au fil des années pour arriver à l’époque Swing
(fin des années 30) à une formule équilibrée : 5 saxophones, 4 trompettes,
4 trombones
et la section rythmique.
Existe-
J.PV : En général, on répartit les arrangeurs en deux grandes familles. Ceux qui s’appuient sur les concepts de base classiques tels qu’ils ont été développés par Don Redman, Fletcher Henderson ou Sy Oliver et ceux qui recherchent systématiquement de nouvelles harmonies, de nouvelles techniques d’écriture et une instrumentation originale.
Bien sûr, cette répartition n’est pas absolue et des arrangeurs très importants comme Marty Paich, Bill Holman ou Manny Albam ont fait évoluer les bases traditionnelles tout en restant dans un contexte Swing. De toutes façons, il semble particulièrement futile de faire une comparaison entre, par exemple les capacités d’innovation de Gil Evans ou de George Russell et l’écriture extrêmement habile de Nelson Riddle ou Billy May. Chacun met son talent au service d’objectifs différents.
Les premiers, en véritables expérimentateurs, recherchent et découvrent de nouveaux sons, de nouvelles couleurs. Les seconds perpétuent dans une esthétique raffinée, la tradition populaire des grands orchestres Swing et n’hésitent pas à accompagner des chanteurs ou des chanteuses de variété.
PETIT LEXIQUE JAZZY
non exhaustif !...
After Beat : temps faible ou contretemps. En jazz, le deuxième et le quatrième temps sont accentués.
Arrangement : transformation d’une œuvre musicale pour plusieurs voix ou instruments.
Big Band : grand orchestre de jazz dont l’effectif est variable (entre 12 et 18 musiciens) constitué de 3 sections* instrumentales (saxes, trombones et trompettes) et d’une section rythmique*.
Bœuf : équivalent français de l’américain Jam Session*.
Break : phrase mélodique ou rythmique jouée sans l’accompagnement (en fin ou en début de chorus*).
Chorus : improvisation* instrumentale ou vocale d’un soliste sur les harmonies* d’un thème.
Harmonie : combinaison de sons perçus simultanément. Formation et succession des
accords qui sous-
Improvisation : mode d’expression libre. Les jazzmen improvisent des variations mélodiques sur un thème donné et sur une trame harmonique.
Jam Session : réunion de musiciens au cours de laquelle chacun joue et improvise de façon spontanée.
Riff : phrase brève mélodique ou rythmique qui vient ponctuer un morceau de façon répétée.
Rythmique : ensemble composé d’un piano, d’une contrebasse, d’une batterie et parfois d’une guitare.
Scat : intervention vocale où des onomatopées remplacent les paroles d’une chanson.
Section : un orchestre est souvent composé de deux sections. Les cuivres (trompettes et trombones) et les anches (clarinettes et saxophones) sont regroupés dans la section mélodique. Tandis que la batterie, la contrebasse, le piano et la guitare forment la section rythmique.
Slap : technique consistant à frapper les corde d’une contrebasse.
Sourdine : accessoire que l’on place devant ou à l’intérieur du pavillon d’une trompette ou d’un trombone afin d’en modifier la sonorité et le timbre.
Standard : morceau issu du répertoire populaire et qui est devenu un classique à force d’être joué par les musiciens de jazz.
Swing : pulsation rythmique propre à la musique jazz.
Tempo : vitesse d’exécution.
Vibrato : procédé technique pour obtenir le tremblement léger et rapide d’un son (instrument et voix).